Le son brut, les matières, environnements, paysages sonores... Un terrain d'exploration rempli d'émotions à modeler.

Voici une galerie de mini-projets autour de ces recherches. Une boutique non-marchande de produits artistiques impalpables. Un lieu d'exposition de mes "amuseries" sonores et visuelles, formes d'objets poétiques, sans contours tout à fait mais réels.

Amuseries sonores

Devant l'impuissance, le rêve

Tricoterie sonore du 16 mars 2026.
Synthétiseurs modulaires.
J’ai eu envie d’écrire. D’écrire sur l’impuissance, cet étrange mot qui baisse les bras tout seul, sans qu’on n’ait rien à ajouter.
J’ai eu envie de me jeter à la mer, courir sur l’eau pour rattraper ce rafiot rouillé de l’humanité avant qu’il ne plonge complètement jusqu’aux tréfonds de ses propres abysses. Mais, justement, l’impuissance était là, tout à côté. Elle m’a regardée un instant puis s’est posée sur mes épaules. Mes bras se sont retrouvés lourds. Inutiles. Abasourdis d’inutilité. Et je n’ai rien écrit.
À la place, j’ai fait ce que je sais faire. J’ai pris ma flûte en bandoulière, et suis partie jouer. Dans les loges d’un auditorium, un robinet coulait, coulait, sans s’arrêter. On a eu beau serrer, resserrer, desserrer pour resserrer mieux encore, rien n’y a fait, l’eau coulait. Alors j’ai écouté les gouttes, je les ai comptées. À force de les compter, elles m’ont raconté. À force de me raconter elles m’ont rappelé.
La poésie. L’émerveillement. L’inexorabilité de ce qui coule encore. L’importance d’un rien dans l’immensité du trop. La chance de pouvoir regarder et de voir toujours. La joie simple de respirer le ciel entre deux murs penchés, ou de découvrir une écrevisse dans les jeux de reflet d’une rivière.
Et puis j’ai eu envie de ressentir. De sentir l’eau sur ma paume, le claquement de la première goutte, la fraîcheur ou la chatouille des suivantes. Dans ma main ouverte j’ai vu celle d’un.e enfant. De la petite fille nichée au creux de moi-même, du petit garçon qui vit dans chacune des images que j’ai de ma maison, et de tou.te.s les petit.e.s que je rencontre au gré de nos représentations. À force d’ouvrir la main, j’ai été mouillée. A force d’être mouillée, je me suis rappelé.
Du sensible. De l’indicible. De l’imaginaire, et de ses voyages nécessaires. De ce que nous, adultes, oublions souvent, et que l’enfant nous remémore : la pureté d’une émotion, les mille et une formes d’un même bateau, la force d’une ombre infime, la puissance d’un simple regard, l’infini d’une seconde, l’immensité d’un univers intérieur, et surtout, surtout.
Surtout. L’importance suprême de ressentir et d’apprendre, pour imaginer, être, vivre en soi et avec l’autre, et transformer un monde qui meurt en un monde vivant.
J’ai eu envie d’écrire mais je ne l’ai pas fait. J’ai préféré être musicienne, et je continuerai. Je continuerai d’aller à la rencontre de tous ces enfants, et les autres, afin d’apprendre toujours de leur regard. Je continuerai de partager avec eux un peu de ce que j’étais, de ce qu’ils sont et de ce que nous serons. Je continuerai de nourrir mon monde intérieur d’images et de timbres pour leur donner à voir, à eux un jour adultes, qu’il est absolument permis de vivre pleinement les leurs. Je continuerai de construire à plusieurs des cabanes sans contours, aux mille couleurs, ouvertes aux vents ; de construire à plusieurs, à nous toustes, un monde meilleur, au moins le temps d’un instant.
Je préfère rêver, et je continuerai.
[Emprunts des images introductives à Sea Shepherd, TF1, L’Obs, France 2, France 24.]

Ôrage Îrondelles

Amuserie sonore du 6 septembre 2025.

Doux mariage entre des éléments naturels et des textures synthétiques.

 

Scène d’orage en village (enregistrement sonore du 29 août 2025) et synthétiseur modulaire.

Le souffle des dames - plaidoyer pour l'émerveillement

Amuserie visuelle et sonore, avec la délicate collaboration de la poétesse Alice Forges.

Environnement sonore (gouffre des dames, Cévennes, mai 2025) et balalaïka.

 

avez-vous vu

 

par les paupières trouées du printemps qui s’achève

 

l’été nu qui vient s’étendre

sous le grand cri de l’onde

 

et la chair, légère, légère

de ma langue libellule

à la surface de l’oubli

 

elle cherche le dernier murmure de l’eau

 

la rivière n’a jamais failli elle

 

se souviendra de tout

 

quand les ombres auront fané elle

 

se souviendra

 

des poèmes que l’on n’écrit plus

des heures inachevées

des existences dont on ne savait même pas qu’elles avaient un jour commencé

 

et de la chute des feuilles trop lourdes à porter

et de la chute des hommes

 

facile, facile

 

mémoire fertile

 

l’infiniment petit ne serait-il pas

infiniment plus

grand

 

je ne suis pas grand chose de plus qu’une

respiration

 

entre les lèvres bleues du ciel

 

je vis et je respire

je vis et je respire

je vis et je respire

 

Texte : Alice Forges

Musique et images : Marou Thin

Valse d'Aouste

Valse composée en l’honneur du Val d’Aoste, et des cols alpins par lesquels on passe pour le rejoindre.

Images depuis le Rocher des Vierges en Vallée de l’Hérault (peu importe la montagne pourvu qu’on ait la hauteur).

Flûte en sol, bourdon et texture synthétique. Mai 2025.

Passages

Promenade intérieure d’avril. Murmures et marches avant-arrière.

Voix, objets, Cosmos (Soma). Avril 2025.

Water wouf

Jeux de vagues et poils aux pattes. En souvenir d'une récréation en compagnie d'une amie d'un instant. Paysage sonore (mer Méditerranée, plage de Portiragnes -34-, janvier 2025), flûte traversière en sol et effets. Janvier 2025.

Suivre les rails

Chanson courte, à la voix, écrite, ébauchée et entonnée tout à côté de la gare de Luxembourg. Octobre 2024.

Lavoirs

Navigation en eaux douces. Auto-portrait intérieur. Balalaïka, voix et synthétiseur modulaire (Arturia Microfreak). Mai 2024

Je suis là, regardant l'orage

Petite pièce onirique pour cris d'enfants et de tempête. Avril 2024.

V.I.E.L.L.E.

Volant.e.s Identifié.e.s, Elégamment Légèr.e.s, Librement Efficaces. Voyage épique de bourdonnants divers. Vielle à roue et rythmique. Mars 2024

Arthur, Simone et le sac de billes

Petite étude tendre pour kalimba et synthétiseurs modulaires (Arturia Microfreak et Synadrone). Février 2024

Jouer à rêver, et partir

Rêverie d'hiver. Synthétiseurs modulaires. Février 2024

Punaise de feu, gilet de pluie

Petit voyage au coin du feu. Synthétiseurs modulaires. Janvier 2024

Présent(s)

Dernier tiroir du calendrier de l'avent sonore 2023. Surprises et petits bruits. Objets du quotidien. Décembre 2023.

Façon Oblivion

Improvisation pour matin blanc et vallée brune. Décembre 2023.

.Pluies.

Amuserie d'automne. Sons de pluies et synthétiseur modulaire. Octobre 2023.

Pierre tendre

Mazurka désuète sur fond de brises refabriquées. Accordéon diatonique, synthétiseurs modulaires et vent de Bourgogne. Septembre 2023.

Minianuture

Courte sonate pour secondes et Simone. Réveil et Synadrone. Septembre 2023.

Assourdissence

Eloge des sons de l'absence après le tumulte. Synthétiseurs modulaires. Août 2023.

Mani mAni

Tendresses de maman sur tapis de sable. Composition bourdon et improvisation douce. Juin 2023.

Des hauts de l'Estaque

Exercice de style. Sujet : vagues et scintillements. Mai 2023

Le vent d'avril n'a pas d'abri

Dessiner le son de l'insaisissable. Composition synthétique et mouvements de souffle. Avril 2023

Turbo turbin turbine

Essai du soir pour fourmis et flûtes. Impromptu improvisé. Avril 2023

Les Extra-Courtes-Histoires

Cie Les Ebruiteurs

 

Collaboration au projet farfelu de l'artiste hors-pairs Lucie Dessiaumes. Ici, "Mariette Marinetti", extra-courte-histoire écrite et contée par Lucie et mise en sons à base de flûte et d'objets divers.

Printemps 2014.